Pluie d'étoiles à Saint-Michel-l'Observatoire

C'est un ciel comme on en voit plus, ou trop rarement. D'un noir d'encre, ponctué de milliards d'étoiles. Au-dessus du centre d'astronomie de Saint-Michel-l'Observatoire, dans les Alpes-de-Haute-Provence, la voie lactée étire son ruban de petits points brillants sur la voûte celeste. Mon appareil photo indique 22 heures et déjà les visiteurs se pressent autour des téléscopes. Certain sont néophytes, d'autres fins connaisseurs et tous se réunissent pour observer la course des astres. Un à un, leurs regards se glissent dans la lunette, et c'est la galaxie d'Andromède, l'amas du Canard sauvage ou les anneaux de Saturne qui surgissent...

 

                                                                                                                                               Mégane Chêne

Pour ceux qui préfèrent Les dents de la mer à Flipper le dauphin, il y a le « shark feeding ». Cette activité, largement décriée et interdite dans de nombreux pays, consiste à nourrir des requins devant des touristes-plongeurs. Aux Bahamas, l'idée est de montrer que les squales ne sont pas des animaux sanguinaires mais de paisibles poissons qui méritent notre respect. Cela fait 20 ans que deux centres de plongée, l'UNEXSO à Grand Bahama et Stuart Cove's à Nassau, nourrissent des requins de récifs au même endroit. L'arrivée des plongeurs, en particulier celle de l'homme vêtu de cotte de mailles et équipé d'un tube rempli de poissons, sonne l'heure du casse-croûte pour la vingtaine de requins qui attendent là chaque jour. Ils connaissent par cœur le manège des hommes. Ici, on les appelle « puppy dog » - de gentils chiots. L'UNEXSO et Stuart Cove's sont unanimes : le Shark Feeding permet de démystifier les requins, de faire comprendre aux plongeurs que leur réputation est injustifiée. Il faut noter qu'en plus de vingt années de pratique, aucun plongeur n'a été attaqué par des requins aux Bahamas. En 2014, 14 attaques mortelles contre l'homme ont été recensé dans le monde pendant que des milliers de requins étaient massacrés  pour la consommation d'ailerons ou pour le simple plaisir de la pêche. Alors le Shark Feeding est-il une mauvaise chose ? Peut-être, oui et non à la fois. Aucun rapport n'a prouvé le lien entre cette pratique et les attaques contre l'homme. Aucune aggressivité ou curiosité particulière n'a été décelé chez la population des requins de récif aux Bahamas par les scientifiques. Il faut bien reconnaître qu'une fois le nourrissage terminé les requins "fuient" les hommes. Les "anti" considérent le Shark Feeding comme "dérangeant" pour la nature. Mais ils oublient que les animaux sont comme nous, opportunistes. Empêche t'on les dauphins de venir se nourrir dans les filets de pêche au Brésil ? Non, car les dauphins font partie du "bestiaire imaginaire". Dans l'inconscient collectif, les dauphins sont bons envers les hommes et les hommes occultent systèmatiquement les cas d'attaque de dauphins contre l'homme. Et pourtant cela arrive. C'est le principe du monde sauvage. Il ne peut pas y avoir de risque zéro et au final, la question reste toujours la même : quel contrôle l'homme souhaite-il exercer sur la nature ?